Le corset

La définition même du corset est une pièce de raccord en fin de vêtements qui a été durci par divers moyens afin de former le torse féminin à la silhouette de l’époque. Jusqu'au environ de 1800, les femmes portaient des dessous qui étaient plus connus sous le nom de « séjour » et non de « corset ».  Le terme "corset" est apparu bien plus tard.

Aujourd'hui, le terme « séjour » est souvent utilisé comme synonyme du « corset ». Pourtant son application dans le temps nous donne cette base : le « séjour » prend comme date le pré-1800 alors que le « corset » a pour date le post-1800.

Renaissance et Baroque

Les origines du corset sont inconnues. Au début du 16ème siècle, des corsets de fer étaient utilisés mais ceux-ci n’ont rien à voir avec les vêtements de cette époque.  Des théories courent sur ces corsets, ceux-ci seraient vraisemblablement des premières tentatives d'accessoires fétichistes bruts pour l'orthopédie. 

A en juger par les représentations contemporaines,  le corsage porté autour de 1530 devait être réalisé avec une ligne droite et conique du torse. L'encolure était relativement élevée et la poitrine très serrée vers le haut. Très peu de corsets de cette époque ont été conservés. Cela peut être du au fait que pendant une bonne partie du 17ème siècle, le corsage de la robe lui-même était renforcé, un corset en plus aurait été inutile. Ce n’est que vers la fin du 17ème siècle que le séjour (corset de cette époque) fut indépendant de la « robe corset ». Les dames n’étaient plus vêtues d’une combinaison jupe et corsage rigide mais d’une jupe et d’une veste. Le séjour était rétrogradé au rang de sous-vêtements.

Le 18ème siècle

Le corsage rigide attenant aux costumes survit jusqu’en 1730 dans le cas des manteaux et des robes de la cour Française.
La forme du séjour n’est pas très différente de celle du 17ème siècle, elle continue à être conique en appuyant sur la poitrine vers le haut. Des onglets sont travaillés sur les hanches et empêche la ceinture de la robe de ramper sous le séjour et la taille de creuser dans la chair.

Le corset au 18ème siècle Bien que le séjour du 18ème siècle ne soit destiné à être vu, il est souvent très décoratif avec des tunnels finement cousus pour le désossage, le brocart de soie précieuse et parfois des bordures dorées. L’intérieur, lui, semble généralement négligé.

La forme de base des séjours n’a pas changé tout au long du siècle. Ce n’est que vers 1790, que le séjour devient plus court suite aux changements des coupes de la robe.

Suivant les changements de la mode vestimentaire, le panier est abandonné du moins pour un certain temps. Les médecins se font aussi entendre, mettant en garde les dames contres les dommages causés par le laçage trop serré.

La mode Géorgienne

A partir de 1794, la taille des robes se déplace et devient de plus en plus élevé pour finir en 1796  au dessous des seins. Un nouveau type de séjour devient nécessaire car le torse caché sous la mousseline n’a plus besoin de mise en forme. Les seins ont eux, encore besoin de maintien mais ne sont plus censés être écrasés comme dans le passé.

Corset époque Géorgienne  Les balconnets font leurs apparitions sur les séjours. La forme des séjours suit maintenant la forme naturelle du corps et s’élargit sur les hanches par des embouts triangulaires. Ce type de séjour devient plus fonctionnel, donc moins travaillé et de tonalité clair.

C’est vers 1820 que le terme « séjour » a été remplacé par le terme « corset ». Peut-être que cette conversion s’est fait dans l’idée ou ce nouveau séjour devenait un corsage désossé à la légère. Ce n’est bien sur qu’une théorie.

Régence et victorienne

Lorsque la taille revient à sa place naturelle dans les années 1820, le corset devient plus populaire encore. En 1828, les œillets métalliques sont inventés pour remplacer les œillets cousis jusqu’alors. Un an plus tard le « planchet » est inventé. Ce système propose deux bandes métalliques, l’une avec des champignons en forme de petites têtes, l’autre avec des œillets travaillés. Ce busk (comme on l’appelle en anglais) permet de fermer et d’ouvrir le corset de face sans avoir à défaire les lacets à chaque fois. Le laçage peut changer complètement et sera enfilé comme suit :

Le corset VictorienLes deux extrémités du cordon sont enfilées dans les œillets et noués en croix à la fin. Au niveau de la taille, une bouche est formée de chaque côté et utilisée pour tirer les lacets serrés. Ce type de laçage est encore fort utilisé aujourd’hui.

Vers le milieu du siècle, le corset devient obligatoire à nouveau. La forme a évolué et possède les courbes d’un sablier : Corset célèbre que nous associons aujourd’hui au nom.

 Tandis que les tailleurs de cette époque restent fort simples, les corsets eux deviennent de plus en plus travaillés. A partir de 1860, les beaux tissus et les lignes élégantes prennent le dessus si bien que dans les années 1870-1890 nous pouvons découvrir sur les corsets divers ornements et broderies qui soulignent le raffinement. Ceux-ci sont régulièrement accompagnés par un corps de satin aux choix multiples de couleurs.

La forme du corset évolue toujours et vers 1880 transforme la silhouette. Les hanches sont libérées et le ventre est apprivoisé mais pas aplati. La forme du busk rentrant vers l’intérieur (comme une cuillère, d’où le nom « busk-pear ») donne au ventre une autre tenue en compressant sur la région de l’estomac et en laissant la bas du ventre vers l’extérieur.

Pendant les années 1890, le laçage serré devient si populaire que les médecins sonnent de nouveau l’alarme.

Epoque Victorienne tardif et Edouardienne

Les avertissements des médecins ont été entendus et une nouvelle forme de corset a été inventée. Avec sa face avant droite, ce corset était censé prendre pression loin de la région de l’estomac et soutenir simplement les seins sans les écraser. Mais la mode n’a pas simplement accepter la nouvelle forme, elle l’a exagéré de tel sorte que  le ventre et les hanches vont vers l’arrière et contraint la femme à creuser sont dos en forme de S. Ce qui donne à cette posture d’autres effets néfastes à la santé.

Corset en 1900Cette posture en forme de S donne un certain inconfort et devient vite dangereux pour le système musculo-squelettique.
La structure de ce corset descend sur le bas des hanches et possède parfois des bandes élastiques cousues aux extrémités inférieures avec des clips pour faire tenir les bas. Autre source de malaise car il fallait de nombreuses torsions pour attacher les clips aux bas.

La montée de la libération des femmes donnent un autre mouvement à la robe. Le corset suit le même pas et commence son mouvement vers le bas. La mode de l’époque permet maintenant aux femmes de porter des robes élégantes sans corset, néanmoins, le corset étaient toujours porté et ce pendant encore quelques années. Sa ligne en forme de S et son laçage serré disparait. Sa structure devient plus élastique et permet à la femme une assise et une marche plus aisées. La crinoline se voit disparaître en même temps, nous sommes en 1915-1916.

La mode de 1920 à 1950

On pourrait dire que le corset a glissé vers le bas et est devenu plus élastique. La taille reste « Garçonne » de la mode des années 1920. L’idée n’était pas de rétrécir la taille mais de contrôler le ventre et les hanches. La poitrine est maintenant retenue par un soutien-gorge et le ventre  sera retenu par une gaine. Cet ensemble persévérera ainsi dans les années 30 et 40.
Dior durant cette époque a remis la ceinture sur scène. Et en 1950, la gaine élastique sans désossage refait son apparition et restera portée dans les années 60 et 70.

 Aujourd’hui

Les corsets ont probablement été portés à des fins érotiques pendant tout ce temps, même quand ils étaient passés de mode. Ce n’est que dans les années 1980 que Madonna les portent à l’attention du public avec l’aide de son designer préféré : « Gautier ». Sa version a toutefois plus de ressemblance à un corset très serré qu’à une version plus agréable à porter.
Aujourd’hui, le corset est rarement porté. Nous pouvons le voir porté par une célébrité ou tout simplement comme élément érotique. Qu’il s’agisse d’un serre-taille ou d’un buste, la forme de base est toujours la même que celle de 1860-80. La différence est la compression de la taille : celle-ci est moins importante que jadis.

Légende

Parfois, même avec des sources fiables nous prenons les dires sur les corsets pour des vérités mais certaines sont des interprétations erronées de sources contemporaines. Ces descriptions sont souvent exagérées.
Beaucoup de légendes ont vu le jour en particularité sur la petitesse de taille grâce au corset. La plus « ancienne » et la plus « extrême » de ces légendes est celle qui affirme que «  Catherine Medici » reine de France au 16ème siècle, tenait à ce que ses dames d’honneur aient une taille de 13 pouces.


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